Chapelle Saint Méen

 

 

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La chapelle de Saint Méen de Gerguy

 

Située à 6 km du bourg, sur les limites de la paroisse en direction de Monterrein et Ploërmel, ce lieu de culte est l’un des plus anciens de la région.

 

Au début du 6e siècle, existait un riche seigneur GUY (d’où le nom Kerguy = Gerguy) qui y avait son château et possédait toutes les terres environnantes. La seigneurie de Gerguy appartenait aux Alain de 1426 à 1454 ; aux Voisin  R. de 1513 à 1536 ; aux Desgrées en 1550 et 1619 ; aux Lezenet, puis aux Kermeno en 1630 et 1659 ; aux Picault en 1660 et 1679. Le château de Gerguy appartenant aux Desgrées lors des guerres de religions ; il fut détruit en 1513 par les ligueurs.

 

Saint Armel, venant d’Angleterre y aurait été reçu avant de s’établir à Ploërmel. On retrouve à Ploërmel une rue Guibourg (le bourg de Guy). Converti par St Armel, Guy lui donna une partie de ses terres pour fonder une paroisse à laquelle il laisserait une partie de son nom : Plou – Armel = Ploërmel. Gerguy est indiqué comme paroisse et bourg de 1439 à 1605.

 

Vers la même époque, aurait été construite à Gerguy une chapelle qui serait ainsi le plus ancien centre religieux de la paroisse. La chapelle actuelle date du 14 e siècle et est due à la générosité d’un seigneur du bois Guihenneuc qui y résidait. Cette chapelle est attestée comme siège d’une paroisse entre 1481 et 1705. Il y avait des enfeus à l’intérieur pour les seigneurs du Bois Guihenneuc et de la Garoulais. Les registres paroissiaux d’Augan mentionnent des inhumations du 1594, 1599, 1656, 1659, 1665, dans le cimetière muré qui entourait la chapelle, un baptême en 1603, des mariages en 1608 et 1738. Il y avait un mur d’enceinte autour du cimetière.

 

Faite de schiste et de granit, couverte d’ardoise, sans doute fut – elle agrandie lors de ses restaurations aux 17e et 18e s. ce qui pourrait expliquer la division de l’édifice en deux parties inégales par deux pans de mur qui servent d’appui à deux petits autels, dont l’un était dédié à la Vierge et l’autre à St Michel. Les contreforts de la longère nord et du chevet ainsi qu’une petite fenêtre carrée au sud du chœur sont de style roman. L’époque flamboyante laisse une fenêtre de chevet et une petite baie trilobée sur la longère sud. Les façades sud et ouest de la nef datent du 17e siècle. Au – dessus de la porte sud, à l’extérieur, un écusson aux armes des Bois Guihenneuc. Au – dessus des deux portes, des écus armoiriés, effrités, ont été enclavés dans un collier de Saint Michel.

 

Le maître – autel portait autrefois un retable en bois peint et doré.  A sa  gauche, la statue de St Méen, moine du 6e s. patron de la frairie ; à droite, la statue de la Vierge. Elle est divisée, à l’intérieur, en deux parties presque égales par deux pans de murs qui servent d’appuis à deux petits autels et sont réunis par une voûte cintrée : la partie supérieure forme le chœur ; l’autre, la nef. L’autel de droite est dédié à la Se Vierge ; celui de gauche à St Michel.  Une restauration en verre coloré a bien respecté les lieux. La cloche fut volée et fondue par les révolutionnaires en 1793 ; l’actuelle date de 1858.

La chapelle mesure environ 20 m. x 7 m.

 

Dans le vieux coffre de la fabrique, toujours en place, M. de Bellevue a découvert en 1889, sous un amas de chiffons et de papiers, un très bel ornement (chasuble, étole, manipule, bourse, voile) du début du 18e s. en plumetis (broderie pleine faite à la main), mais en fort mauvais état. Il fut en grande partie restauré, avec une longue patience, par Mme de Bellevue. Il est conservé à la sacristie de l’église paroissiale : on remarque la finesse des motifs à base de végétation, de fleurs, d’oiseaux avec des arabesques multiples. L’ensemble est classé par les Monuments historiques.

 

La cloche fut volée et fondue par les révolutionnaires de 1793 : elle est conservée à Vannes. La cloche actuelle porte la date de 1858 ; elle eut pour parrain et marraine M. de Savignhac et Mme Perrette, née Fabrony de la Garoulais.

Au sud de la chapelle, existait un manoir appartenant aux Desgrées, châtelains de la Touraille, lequel fut détruit par les ligueurs huguenots en 1593.

 

Près de la chapelle, vers l’ouest, la fontaine de St Méen: on s’y rendait en procession. Malheureusement, l’installation d’une pompe l’a détériorée.

 

A environ cinq cents mètres, en direction de Monterrein, à 50 m à gauche dans un bois, on signale les « Quatre chaillots » ou « quatre paroisses » qui passent pour être le point de rencontre entre les quatre paroisses de Augan, Caro, Monterrein et Ploërmel. Peut –être la « Croix des Bâtards » était – elle plantée là ! Simple hypothèse car il semble bien que ces quatre « chaillots » étaient là pour bloquer quelque chose en leur centre.

 

Les objets suivants sont inscrits à l’inventaire des monuments historiques :

 

1- Petit retable tabernacle avec trois statuettes (les deux autres volées en 1974), bois polychrome, 17e s. Il fut malheureusement repeint par un amateur local sans l’autorisation des autorités.

 

2- Une statue de Vierge à l’enfant, bois polychrome, 17e s. H 1,2 socle 0,04 Vierge debout, portant un voile et une couronne, tenant de la main droite une pomme et de la main gauche l’Enfant Jésus, tête nue, un livre ouvert sur les genoux et caressant le menton de sa mère de la main droite.

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3- Une statue de la Vierge à l’enfant, assise, bois polychrome, 16e s. H 0,615  Vierge assise, couronnée, tenant sur son genoux gauche l’enfant Jésus dont il ne reste pas grand-chose : œuvre majestueuse mais détériorée…

 

4- Une statue de St Michel, bois polychrome, 15 – 16e s. H 1,105 x 0,045. Tête nue, aptère (devenu aptère, car, en regardant à l’arrière, on voit très bien l’emplacement d’ailes à l’origine), debout sur le dragon, gueule ouverte et queue nouée,  il le menace de son épée torsadée tandis qu’il se protège avec un bouclier qu’il retient par le haut de la main gauche. Sans armure.

 

5- Une statue de St Méen, patron du lieu, bois polychrome, 16e s. H 1,18 m x 0,045.  Saint populaire breton né vers 540, mort en 617 au monastère de Gaël dont il était abbé ; d’où sa représentation en abbé mitré, vêtu de la chasuble et enseignant.  Fête le 21 juin.

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6- Une statue de Se Marguerite, bois polychrome, 15 – 16e s. H 0,66 m. La sainte est représentée agenouillée sur le dos du dragon (très endommagé). Tête nue, vêtue d’une simple robe droite, elle joint les mains

 

7- Un Christ en croix, bois polychrome, 16e s/17e s., couronné d’épines, portant le périzonium noué sur le côté droit. Les pieds sont posés l’un sur l’autre et cloués ensemble. Ce Christ en croix suspendu au mur central a été complètement restauré par les beaux arts début 2006.

 

8- Un Christ en croix, bois polychrome, 17e s. Sur croix posée sur pied, un Christ couronné d’épines, portant le périzonium noué sur le côté droit ; les pieds sont posés l’un sur l’autre et cloués ensemble. Restauration début 2006.

 

Une croix monobloc en schiste a été édifiée en 2003 sur le terrain de la chapelle pour remplacer une ancienne démolie. Une autre croix fut érigée en 1929 dans le village : on s’y rend en procession le jour du pardon.

(Extrait du travail de recherches du Père Brageul réédition 2010)

Avec nos remerciements à la paroisse pour cette autorisation

 

 

 

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