Chapelle Sainte Catherine

 

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LA CHAPELLE Ste CATHERINE

Sur la départementale Ploërmel – Guer, à 4,500 km du bourg.

La fondation de la première chapelle remonterait au 7e s. Au temps où St Gurval évangélisait le pays de Guer, un seigneur aurait tué sa femme, et, en expiation, le saint aurait fait élever, à l’endroit même du crime, une chapelle dédiée à Se Catherine. La seconde chapelle construite au 15e s. ou au 16e s. était orientée d’est en ouest, couverte en ardoise et surmontée d’un clocher quadrangulaire en ardoise. L’autel était adossé au mur de l’est et portait la statue de Se Catherine, en bois peint et fort ancienne, offerte peut – être par Catherine de Montauban, demoiselle du Binio, au début du 16e s.. Une cloche fut baptisée le 14 octobre 1731.

Beaucoup de mariages y furent célébrés, entre autre celui de René de la Touche avec Jeanne le Morzellec, demoiselle du Bignon. Aucune mention d’enfeux mais plusieurs sépultures dans le cimetière, ainsi en 1665/1666, dates où la chapelle est dite de Guer : Porcaro n’en sera détaché qu’en 1860.

Elle fut entretenue jusqu’à la Révolution, mais en 1793, une bande de sans – culottes des environs la pilla, la détruisit et en mutila la statue. Elle fut vendue comme bien national avec le pré contigu pour 300 livres à un abbé Hédan qui voulait la rendre à la fabrique d’Augan, mais il mourut avant d’avoir pu réaliser son projet.  Vendue à nouveau, elle fut achetée par une famille Laure qui l’a remise à l’église.

En 1889, la chapelle n’était plus qu’une ruine, mais une fille, du village de Valléan, Marie-Joseph Dolo, va tout changer les choses. Elle se met à publier partout que la Sainte Vierge lui est apparue fréquemment et lui demande de quêter pour rebâtir la chapelle Se Catherine. Encouragée par les uns et blâmée par les autres, elle se met courageusement à quêter, tant et si bien qu’en 1892, elle a recueilli assez d’argent pour faire la coque de la chapelle. Forte émotion dans la paroisse : partisans et adversaires discutent dur. Le recteur, l’abbé Firmin Loyer,  s’en mêle évidemment et écrit à l’évêque pour l’informer. L’évêque lui répond :


« Je viens de lire avec attention la lettre dans laquelle vous m’avez raconté ce qui s’est passé dans votre paroisse depuis trois ans, à propos d’une prétendue apparition de la Très Sainte vierge à une jeune fille. Il m’apparaît évident que la « voyante » a été le jouet d’une imagination exaltée. Je ne me permets pas de l’accuser d’imposture. S’il y avait dans ses dires quelque chose de surnaturel, il ne faudrait pas y voir une intervention divine, pour les motifs exposés par vous.

 Exhortez de ma part vos paroissiens à ne point ajouter foi à d’aussi puériles assertions. Qu’ils se gardent de favoriser des pratiques superstitieuses !

Ai-je besoin d’ajouter que le culte religieux ne sera pas établi dans une chapelle bâtie dans de pareilles conditions, sans l’approbation de l’autorité ecclésiastique.

Il appartient à l’Administration civile d’en ordonner la fermeture. Je ne vois pas quel intérêt  elle aurait à la laisser ouverte. S’il y a lieu, vous me renseignerez sur les suites que pourrait avoir une entreprise aussi téméraire. Je me sers, à dessein, d’un euphémisme, auquel vous saurez donner sa véritable signification.

En attendant, voici le sujet de sermon pratique : vous jugerez de son opportunité. «  Ab insidiis diaboli, libera nos, Domine » = des suggestions du démon, libère nous, Seigneur » Je bénis le troupeau : que Dieu les ait en sa sainte garde ! »

 

Que se passa – t – il exactement ? Qui intervint ? Comment et pourquoi ? Toujours est – il que, quelques jours après, les propriétaires remettaient la chapelle entre les mains de la Fabrique paroissiale qui s’employa à son achèvement. Son plan fut calqué sur celui de la chapelle St Mathurin de Beignon. Elle est construite en schiste, granit et ardoises. Les travaux furent menés bon train puisque le 25 novembre 1894, en la fête de Se Catherine, on procédait à sa bénédiction et son ouverture officielle au public. En fait foi le procès relaté dans le cahier de paroisse :

 

« Le 25 novembre 1894, nous soussigné, curé de Guer, avons, au nom de Monseigneur l’évêque de Vannes, procédé à la bénédiction de la chapelle dédiée à Se Catherine, en la paroisse, d’Augan, et réédifiée par monsieur l’abbé Lohier, recteur de la dite paroisse avec le concours empressé des habitants. Le même jour a été bénite une cloche dont les parrains et marraines ont été : jean Laurent et Marie – Joseph Averty ; Jean Averty et Jeanne – Marie Hamery ; Joseph Minier et Reine Eono. Monsieur l’abbé Poirier, aumônier des Frères de Ploërmel, a donné, avant la bénédiction de la cloche, une instruction qui a beaucoup touché les fidèles accourus des paroisses voisines » Signé : Pourchaud, curé – doyen, Lohier, recteur.

 

On bénit en même temps une nouvelle statue de Se Catherine, l’actuelle : payée par les habitants d’Augan, elle a coûté 195 francs Une relique de Se Catherine fut placée sur l’autel obtenue par le Père Brichet, procureur du séminaire français de Rome.

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La cloche de 30 kg vient de chez les frères de Ploërmel et a coûté 45 francs. Ses parrains et marraines sont : Jean Laurent et Marie – Joseph Averty ; Jean Averty et Jeanne – Marie Hamery ; Joseph Minier et Reine Eono.

Deux autres statues : La statue de ND de Lourdes, elle a été ramenée de Lourdes en septembre 1987 par un groupe de pèlerins. Elle a pris place sur un socle jadis occupé par une statue de Se Anne qui fut trouvée broyée à terre le jour de la fête de Ste Catherine en 1980. Se Germaine, la bergère de Pibrac : elle provient de l’ancienne chapelle. Sur le mur de la nef, un cadre « Ecce Homo ».

La relique de Se Catherine – un doigt de la main – a été volée au début du 20e siècle par des malfaiteurs. On lit, dans un « Echo d’Augan » de 1925 que Se Catherine est toujours en grande vénération à Augan et aux environs. Et qu’il ne se passe pas de dimanche sans qu’il y ait des pèlerins ».

La fontaine étant située au milieu d’un champ à environ 100 m., il fut décidé d’en bâtir une autre tout près de la chapelle. De même, la croix ayant été démolie, une nouvelle croix provenant d’une tombe l’a remplacée.

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Table de communion

1928 : une table de communion est placée dans la chapelle Se Catherine. Elle est l’œuvre de Julien Eono du Binio qui, d’accord avec sa femme Marie Joseph Abraham, l’a gracieusement offerte à la chapelle

Dans une lettre à ce sujet, M. et Mme Eono « remercient Mr Raoul du Boisbaudry qui a donné une part de bois »

 

Travaux : murs, voûte, clocher

 

  1. 1935. « Grosses réparations à cette chapelle. Bien que relativement neuve, elle menaçait ruine. Les murs s’écartaient sous le poids de la couverture et le clocher en bois, dont les soutiens étaient pourris allait tomber. Le clocher a été refait en entier mais, cette fois, en ciment. Pour arrêter l’écartement des murs, il a été nécessaire de les relier par des tirants. Un petit clocheton en ciment s’élève. En plus, la voûte et les murs intérieurs avaient besoin de quelques raccords. Ils ont été faits. Tout ce travail a été exécuté par Mr Ménager, entrepreneur à Ploërmel. Les frais de ce travail se sont élevés à 4 671 f. 25. C’est bien cher» (Bouet)

 

Cloche 1948

 

« La cloche de la chapelle se Catherine a été brisée par les allemands pendant leur séjour à Augan. Elle pesait 20 kilos. Je l’ai fait remplacer par une plus forte de 30 kilos. La maison Cornille-Havard me l’a livrée au prix de 9 521 f. tous frais compris. Le 14 novembre, en présence d’une assistance assez nombreuse, malgré le très mauvais temps. Mr le chanoine Cotto, curé de Guer, l’a bénite après avoir adressé aux assistants une allocution de circonstance leur indiquant le langage de la cloche et leur demandant de bien répondre toujours à son appel. Elle a nom Se Catherine et a pour marraine Mme André de la Fonchais et pour parrain le R.P. Pierre Hamery, missionnaire à Haïti. Eugène Grossin avec le couvreur Jh Dolo se sont chargés de la mettre en place où, maintenant, elle peut sonner à toute volée » (Bouet)

 

(Extrait du travail de recherches du Père Brageul réédition 2010)

Avec nos remerciements à la paroisse pour cette autorisation

 

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